Un néonazi serbe devient une femme transgenre.

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Si certains pensent qu’à l’impossible, nul n’est tenu, il existe des personnes qui relèvent ce défi. On hésite entre le miracle et l’illumination tant certaines transitions sont surprenantes. C’est le cas de cet ancien néonazi serbe devenu femme. Vivre Trans vous raconte son histoire.

 

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Comme quoi, même les ultra peuvent changer du tout au tout. Dans un autre genre, cela nous rappelle ce chef de parti néonazi qui s’est découvert des ancêtres juifs (il a dû en être malade quelques jours), qui a quitté son parti et qui est maintenant dans le camp « adverse » le plus dur. S’il a embrassé ses origines, il n’en a pas pour autant renier son côté extrémiste. Est-ce le cas ici ? On vous dit tout.

 

Skinhead et néonazi, une période difficile de sa vie

Lorsque notre ancien hooligan, skinhead, homophobe et transphobe regarde le passé (oui il a cumulé), de son nom toujours officiel Dolf Pospis, il admet avoir passé une période dure et sombre dans sa vie et regrette. En première ligne d’un parti ultra (l’équivalent des partis à l’ultra droite du FN) en Serbie, il était le premier à lever la main pour haranguer la foule. Longtemps à la recherche de lui-même, cherchant à incarner cette image forte du patriarcat et prouver son hétérosexualité, il était en quête d’un sens qu’il n’arrivait à trouver.

 

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Un extrémisme issu de problèmes personnels non résolus

Aujourd’hui transgenre et appelée Dajana, elle admet que sa haine lui venait de ses questions à l’époque restées sans réponse. Comme de nombreuses personnes, c’était le schéma classique : « je ne comprends pas, je ne sais pas, alors je rejette ». Aujourd’hui transgenre assumée, Dajana vit éloignée de tous, car pour les autres, elle n’est qu’une « tapette » bizarre et hors système. Une condition difficile à vivre en Serbie.

 

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Petite, elle aimait déjà s’habiller avec des vêtements féminins mais assignée garçon, son père la battait durement lorsqu’elle le faisait, et la forçait à faire des activités « masculines » pour lui faire passer ses envies. Ce qui la poussa à force à vouloir imiter cette image patriarcale, celle qu’on attend « d’un homme » et à rejeter de façon extrême qui elle était vraiment. Avec des origines allemandes et autrichiennes, il n’était pas très dur de trouver de quoi alimenter cette haine.

 

Un changement après une tentative de suicide

Le taux de suicide est de 40% chez les personnes transgenres, un chiffre juste affolant et Dajana a failli faire partie de ce chiffre. Quatre ans avant ce reportage, elle souhaitait en finir en se jetant du haut d’un pont. Sa souffrance devenue trop grande, elle ne savait comment la gérer et la seule issue qu’elle voyait était de mettre fin à sa vie. Aujourd’hui heureuse de ne pas avoir fait le grand saut, elle se concentre sur l’avenir.

Ayant rejoint une communauté LGBT, elle peut échanger avec d’autres transgenres sur les problèmes et l’isolement rencontrés au quotidien. Aujourd’hui, elle aimerait terminer sa transition et oublier son passé d’ultra. Pas facile avec les vidéos et enregistrements. Surtout que ses anciens camarades l’ont banni de partout et la menacent de mort. Engagée avec une clinique, elle continue son chemin et espère pouvoir trouver un travail.

 

 

La Serbie, un pays qui s’ouvre doucement aux personnes transgenres

L’affirmation est à prendre avec des pincettes car selon une étude onusienne de 2013 sur la discrimination, 49% des Serbes pensent que l’homosexualité est une maladie qu’il faut soigner, et selon Milan Djuric, le rejet pour les transsexuels est encore plus fort.

Les associations LGBT demandent l’adoption d’une loi qui faciliterait la vie aux transsexuels, notamment pour les changements de papiers d’identité et d’état civil. Mais selon Milan Djuric, elles se heurtent à l’hostilité d’une partie de la classe politique.

Pourtant en 2012, un article sur le journal Le Point démontrait que la Serbie devenait le nouvel El Dorado des personnes en transition, avec une centaine d’étrangers venant se faire opérer là bas chaque année. Un antagonisme que certains ont du mal à comprendre…

 

 

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