Qui est Lia Thomas, la nageuse transgenre qui bat des records ?

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Bien que la nageuse de 22 ans batte des records dans des compétitions universitaires aux Etats-Unis, la jeune femme relance (malgré elle) la polémique autour des athlètes transgenres. Qui est Lia Thomas, la nageuse transgenre qui suscite tant de jalousie ?

Un buzz sur les réseaux sociaux

C’est notamment par une vidéo qui tourne beaucoup sur les réseaux sociaux que la jeune nageuse va commencer à se faire connaître. Sur les images, on la voit dominer un 1500 mètres au cours duquel elle va devancer ses adversaires de 38 secondes ! Une performance qui a de quoi surprendre tant l’écart est grand et qui va vite susciter des remarques de la part de ses détracteurs. Le fait que Lia Thomas soit assigné homme à la naissance est en effet pour eux la raison de cet exploit. Et les débats vont bon train sur les plateaux de télé américains où le sujet prend de l’ampleur. Bien qu’il s’agisse de compétitions universitaires dans lesquelles s’illustre la nageuse, la question de son classement en catégorie femme est beaucoup discutée. D’autant plus que la nageuse ne se contente pas d’une vidéo qui a buzz, elle enchaine les records depuis plusieurs mois.

Accusée d’être avantagée car assignée « homme » à la naissance

La question fait débat jusque dans la classe politique. Donald Trump a d’ailleurs évoqué le sujet lors d’un meeting en Arizona en décrétant « Nous interdirons aux hommes de participer à des compétitions féminines ». Ses détracteurs vont même jusqu’à considérer que d’accepteur sa participation au sein d’une équipe féminine représente un danger pour le sport féminin. Le hashtag #savewomensport a même été lancé sur les réseaux sociaux. Ses concurrentes sont d’ailleurs très inquiètes de ses performances et certaines ont appelé au boycott avant de se rétracter (de peur d’être accusées de transphobie). Se fondant sur une étude qui n’a pas encore été publiée dans un journal scientifique, certains n’hésitent pas à l’accuser de surperformer dans les épreuves féminines. Pour preuve, ils citent «ses temps post-transition à ce jour qui restent trop proches de ses meilleurs temps pré-transition dans les épreuves masculines, par rapport à l’écart de performance entre les athlètes masculins et féminins» en sport universitaire. Le sujet fait également débat au sein de la communauté sportive. Cinq mois après la première participation aux JO d’été d’une sportive transgenre, en haltérophilie, la question reste un casse-tête pour les institutions sportives. Le CIO (comité international olympique) tente d’ailleurs d’esquiver la décision, remettant le sujet entre les mains de chaque sport concerné. Il se défend par l’absence de «consensus scientifique sur le rôle de la testostérone dans la performance dans l’ensemble des sports». Il reste encore beaucoup de travail pour les personnes transgenres dans le sport.

Une nageuse qui s’exprime peu

Mais tous les débats sont surtout tenus par des personnes extérieures. En effet, Lia est plutôt discrète et ne s’est exprimée sur le sujet que dans le podcast dédié à la natation « The Swim Swan ». Elle y revient sur ses débuts et sa transition: ” C’est à l’été 2018 que j’ai vraiment réalisé que j’étais trans”, commence-t-elle l’entretien. “Mais je ne savais pas quoi faire, il y a beaucoup de conservatisme ici. J’ai donc décidé de ne rien dire et continuer à nager dans l’équipe masculine mais cela a provoqué une grande détresse en moi, je me sentais prisonnière de mon corps. Alors, après un an, j’ai décidé de faire mon coming-out et de commencer ma transition ». S’en suit 1 an d’arrêt de la compétition comme inscrit dans le règlement pendant son traitement médical. D’ailleurs, elle respecte les règles du NCAA qui autorise les femmes transgenres à concourir après un traitement de suppression de la testostérone pendant au moins un an.

De nombreux soutiens

Du côté de se défenseurs, la polémique représente une preuve de plus des discriminations dont souffrent les personnes transgenres. Ils notent également, que Lia est une athlète qui s’entraine dur et respecte les conditions pour nager en compétition.

Quant à ceux qui critiquent sa présence aujourd’hui dans l’équipe féminine, la réponse de Lia est très claire :  “je pense qu’on a des guides très bien faits dans chaque sport qui donnent les critères d’inclusion à remplir pour préserver l’intégrité des compétitions. Chacun devrait pouvoir concourir dans la catégorie qui lui convient le mieux, dans laquelle il se sent à l’aise, sauf s’il est prouvé que cela lui donne un avantage injuste ». Heureusement, elle peut aussi compter sur le soutien de son université qui voit là une manière de promouvoir l’inclusivité dans le sport. Elle pourrait d’ailleurs devenir la première athlète transgenre sacrée championne universitaire aux Etats-Unis à la fin de l’année. Tout un symbole !

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