L’importante lutte contre la transphobie

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Suite à l’agression de Julia en avril dernier qui a été très médiatisée, il est peut-être temps de faire le point sur la transphobie. Comment se matérialise-t-elle ? Est-elle en hausse ? De quoi souffrent le plus les personnes transgenres ?

Julia, une agression médiatisée

Les images de l’agression de Julia, jeune femme transgenre à Paris a été largement diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant de vives réactions à cause de leur violence. S’en est suivi une médiatisation de la jeune femme qui a accepté de venir raconter son histoire sur les plateaux TV ou de faire la une de certains journaux. Cette médiatisation a permis de remettre en avant la transphobie toujours bien présente et l’urgence de proposer un plan de lutte efficace. On se rappelle également du meurtre de la travailleuse du sexe transgenre Vanessa Campos il y a un an, qui avait suscité une vague d’émotion et même des manifestations de la part des autres personnes de la profession mais guère plus de réactions et surtout d’actions concrètes mises en place pour enrayer ce problème grandissant.

 

Un manque de communication

Il y a un vrai manque au niveau des campagnes officielles de sensibilisation qui sont quasiment inexistantes. Le problème est sous-estimé voire invisible dans la société ce qui n’est pas sans conséquences. On commence à peine à voir quelques outils de sensibilisation (comme des formations pédagogiques) être mis en place au sein des services publiques par la délégation interministérielle à la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Des clips de sensibilisations lancés par l’Education Nationale ont également été diffusés dans les collèges et lycées à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Ces vidéos mettaient en scène des jeunes lycéen.nes transgenres qui livraient un témoignage sur les discriminations dont ils.elles étaient victimes. Une communication bien plus touchante que celle réalisée au début du mois d’avril dernier par une association LGBT et l’agence de communication TBWA qui mettait en scène une jeune fille transgenre se faisant maltraiter par son père afin qu’elle apprenne à se défendre des agressions dont elle allait être victime plus tard. Des images jugées dangereuses par la chercheuse Noémie Gruenwald et la journaliste Rachel Garrat-Valcarcel qui avait publié un texte sur Komitid expliquant que “Cette vidéo laisse clairement entendre qu’en attendant de meilleures options, violenter sa fille “pour son bien” est une possibilité acceptable”. Ajoutez à cela l’utilisation d’un acteur cisgenre dans le rôle de l’ado transgenre et vous obtenez une campagne ratée.

 

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Le problème de la normalisation des agressions transphobes

Il existe très peu d’études tentant de quantifier ces agressions ou de connaître les problèmes rencontrés par les personnes trans. On peut toutefois citer une étude de IDAHO de 2014, où 85% de l’échantillon avait été victime de discrimination dans divers lieux de la vie courante ou les institutions. Et la grande majorité d’entre eux (95%) n’avait pas porté plainte lors de ces violences. On peut donc noter une certaine normalisation de la transphobie y compris pour les trans eux-mêmes qui vivent dans une violence et une peur quotidienne qu’ils ne tentent pas de combattre par une action légale. Au-delà de la transphobie, on ressent surtout une invisibilité des personnes trans dans la société. Il y a une inexistance du sujet, on le voit aussi a travers l’indifférence des passants lors de l’agression filmée de Julia.

 

La médiatisation, un début de considération pour la transphobie

Dans le cas de Julia, les réseaux sociaux ont joué le rôle d’amplificateur, mettant en avant cette agression. Et, une fois n’est pas coutume, les commentaires reçus étaient plutôt positifs, on a pu sentir l’indignation de la part des citoyens mais également de certains politiques. La transphobie s’est retrouvée sur le devant de la scène et c’est plutôt une bonne chose. Reste maintenant à ouvrir le débat autour de la lutte contre les actes transphobes et surtout à entrer dans l’action.

 

Des agressions sous des formes diverses

Aujourd’hui en France, être trans veut dire être soumis à différentes formes d’agressions.  Il n’y a pas que les meurtres, les insultes et les discriminations. La transition peut être ressentie comme une des agressions de la part des institutions : comment expliquer qu’il faille passer devant un juge alors que l’on n’a commis aucun délit ? Les discriminations sont d’autant plus fréquentes lorsque son sexe sur l’état civil est différent du genre sous lequel la personne se présente. Trouver un emploi, un logement ou autre s’avère d’autant plus délicat. Sans parler du traitement des sujets trans dans les médias avec les mauvais prénoms ou pronoms et toutes les maladresses qui vont avec …

 

Quelles solutions ?

Il faudrait repenser le parcours de transition pour commencer, en l’humanisant. Il est également nécessaire d’informer avec pédagogie en créant une cellule spécialisée sans chaque établissement scolaire pour accompagner et informer. Il faut ensuite lutter contre la précarisation et la pauvreté de cette population sensible. Ces récentes agressions doivent surtout ouvrir le débat et poser les bonnes questions : qu’est-ce qui a mené à celles-ci et comment rectifier cela et prévenir les prochaines. Il faut inclure la question de la transphobie dans les plans de lutte contre la haine, car on pense souvent au racisme, à l’homophobie mais rarement à la transphobie. Celle-ci doit exister et être visible. Le pire serait que l’émotion suscitée par ces agressions ne retombe trop vite, remisant ces questions au dernier plan. Il ne faut pas attendre la prochaine pour bouger !

 

 

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