« Celle que je suis » : un manga sur la transidentité

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Un manga aborde tout en douceur le thème de la transidentité et plus généralement les contraintes sociales qui pèsent sur la jeunesse. Une belle initiative autour d’un sujet encore trop peu évoqué.

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Un questionnement sur l’identité dans le Japon des années 80

On suit l’histoire de Yûji Manase, un étudiant japonais, dans les années 80 à Tokyo. Le jeune homme se découvre peu à peu avec notamment 2 secrets qu’il n’a jamais osé aborder : son attirance pour les hommes d’une part et son questionnement sur sa propre identité de l’autre. On fait donc la connaissance de Masaki Matsunaga, son ami de longue date pour lequel il éprouve des sentiments et on avance avec lui dans ce malaise qu’il ressent sans forcément arriver à poser des mots dessus (tout du moins au début). C’est en posant sa main sur une robe que sa sœur a laissé dans son appartement que tout va s’enchaîner.

 

Un manga tout en douceur

Ce manga à part qui se distingue de par son sujet ne fait pas de vagues. Tout est raconté en douceur en suivant les différentes étapes du questionnement du personnage principal. La découverte et le chemin parcouru se font sans violence. L’histoire prend le temps de s’installer et nous amène à suivre également es problématiques d’autres personnages avec des sujets forts comme le suicide, la maladie, la prostitution, l’infertilité, les mariages arrangés… Pourtant il n’y a aucune volonté de dramatiser aucun de ces sujets de la part du scénariste Bingo Morihashi (connu pour son travail sur les jeux vidéo Devil May Cry).

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Une histoire bien ficelée

Pour le héros, le chemin vers l’acceptation de soi est long, d’autant plus que l’action se situe dans les années 80 dans une société conservatrice et très codifiée au Japon, dans laquelle il est impossible de se raccrocher à quoi que ce soit en matière de transidentité. L’histoire est assez bien ficelée. Elle traite des problématiques lies à la transidentité avec un certain éloignement, ce qui va accentuer encore plus l’atmosphère confuse qui entoure le personnage principal.

 

Une observation distante

Celle que je suis n’est pas un récit sombre. Le sujet y est abordé avec une certaine distance, comme une observation de la vie de jeunes gens grandissant comme ils peuvent, malgré les contraintes sociales, familiales ou financières qui les étouffent. On y ressent aussi un brin de mélancolie. La narration se fait tout en douceur. On note aussi une recherche de poésie, des métaphores et des jeux graphiques tout en subtilité.

 

A la croisée des genres

La bande dessinée a les allures d’un shojo (les mangas à destination des adolescentes, avec ses traits délicats), mais réussi à éviter les clichés habituels. On retrouve également l’univers des « boy’s love » (ces récits qui mettent en scène des histoires d’amour entre hommes). Pour autant, la question des sentiments, même si elle reste omniprésente, n’est pas centrale et ne constitue pas l’enjeu principal de l’histoire.L’illustratrice Koko Suwaru, habituée du genre, dessine avec un trait élégant, des proportions maîtrisées et un découpage agréable.

 

Au final, ce manga est aussi joli qu’intéressant à lire. Sans prétention, il a le mérite de traiter du sujet de la transidentité avec sérieux dans le cadre d’une fiction. Et même si la narration manque un peu de profondeur ou d’émotions, on peut saluer les efforts et la maîtrise du sujet. Un manga en 2 tomes, à lire cet été sur la page !

 

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